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“Pour faire un "bon" tableau, il faut être un "bon" peintre. Mais tout le monde peut, un jour, faire une "bonne" photographie. Ce n'est pas affaire de hasard mais de réceptivité inconsciente à un évènement. En revanche, faire une "œuvre photographique" nécessite de savoir reconnaître, orienter, reproduire et utiliser de telles disponibilités.”
“Reconnaître un style, c'est toujours reconnaître la présence du photographe dans l'image du monde qu'il a fixée et que nous avons sous les yeux. C'est en cela que le style est essentiel en photographie.”
“Toute image photographique témoigne d'un état mental et affectif face au visible autant que du cadrage d'une portion d'espace et de temps.”
“Pour cadrer un fragment du monde, il faut se sentir d'abord pris dans le monde. Ce sont souvent des composantes sensorielles non visuelles qui mobilisent le désir de photographier un évènement. D'ailleurs, le rôle joué par des éléments visuels non conscients dans l'appropriation photographique explique que le résultat ne soit pas toujours lié au talent du preneur de vue.” [...]
“La photographie, avant d'être une image […], est une forme de participation empathique au monde. Le photographe accompagne le monde bien plus qu'il ne le fige. La photographie est moins une façon d'arrêter le temps […] qu'une façon de toucher la blessure du temps vivant.”
“Le vœu qui anime toute création photographique est de substituer à la vie telle qu'elle est une image de la vie telle que nous la désirons.”
“L'horizon imaginaire qui anime toute entreprise photographique est le désir de constituer une image du monde où se donne à voir sa propre présence.”
“Toute photographie participe d'une forme de transfiguration de la quotidienneté du monde.”
Serge TISSERON, Le mystère de la chambre claire, photographie et inconscient, Flammarion, Paris, 1996.
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